Présidentielle 2027 : la France dans les médias russes n° 2

Ce deuxième numéro du bulletin couvre la période du 1er au 13 septembre 2026 et porte sur les mêmes dix-sept chaînes Telegram russes observées, qui ont publié 156 messages correspondant aux mots-clés sélectionnés, contre 115 dans le numéro précédent. La hausse ne tient pas à la campagne et peut être expliquée par la visite des émissaires américains à Moscou puis à Kiev, où les conseillers à la sécurité nationale français, britanniques et allemands les attendaient, et par une série de faits divers français, du vol au musée Renoir au déraillement d’un train près de Rouen.
Cependant, deux évolutions méritent une attention particulière. Tout d’abord, la présidentielle n’est plus abordée uniquement à travers les sondages, puisque des candidats et des ministres sont désormais cités. Ils ne le sont toutefois que pour une seule raison, à savoir avoir pris position sur l’Ukraine ou la Russie. Aucun autre propos de campagne n’a été traduit. Ensuite, Raphaël Glucksmann, qui ne figure pas parmi nos mots-clés mais avait intégré le corpus fin août sous le seul effet de l’actualité, au point de devenir en six jours la deuxième personnalité française la plus commentée, en a totalement disparu.
En bref
- Sur 156 messages, 80 sont négatifs, 62 neutres, 11 positifs et 3 incertains. Même proportion de messages négatifs qu’en août, soit environ la moitié.
- Les formulations les plus dures visent toujours l’État français, pas les candidats : le 4 septembre, le Kremlin qualifie de « cibles légitimes » d’éventuels sites de production de missiles en Ukraine attribués à la France et au Royaume-Uni ; le 5, Maria Zakharova traite Jean-Noël Barrot de « menteur ».
- Le propagandiste russe Alexandre Kots s’exprime à propos des conseillers français, britanniques et allemands à Kiev : « Il leur faut que ça (la guerre russo-ukrainienne) brûle. De préférence le plus longtemps possible et le plus loin possible de leurs frontières ».
- Le sondage Ipsos-BVA donnant 16 % d’opinions favorables à Emmanuel Macron est repris par cinq messages cumulant 428 mille vues.
- Les candidats n’existent pour les chaînes observées que lorsqu’ils parlent de l’Ukraine. Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Éric Zemmour et Sarah Knafo n’apparaissent dans aucun message de la collecte. Une seule citation de Jean-Luc Mélenchon sur le coût du soutien à l’Ukraine (81 mille vues) circule autant que les dix messages mentionnant Marine Le Pen réunis (86 mille).
- Lorsqu’elles interprètent le scrutin, les chaînes d’opinion n’y voient pas, à juste titre, une élection sur l’Ukraine, mais un fossé entre des élites préoccupées par la guerre et des électeurs qui ne le sont pas : « L’Ukraine ne figure pas parmi les principales préoccupations des Français », conclut la chaîne de Soloviev.
- Aucune action coordonnée relevée. La seule reprise mot pour mot est la réponse de Maria Zakharova à Jean-Noël Barrot, republiée telle quelle par la chaîne de Soloviev une minute plus tard, ce qui relève de l’amplification habituelle des chaînes officielles.
- France 142
- Macron 22
- Le Pen 10
- Mélenchon 2
- Attal 1
- Bardella 6
Narratifs dominants observés
La France : de « partie au conflit » à « obstacle à la paix »
Tonalité : négative
Fin août, la France était désignée comme partie au conflit russo-ukrainien. Dans cette première moitié de septembre, le récit russe franchit un nouveau cap en présentant désormais la France comme le pays qui empêche de mettre fin à la guerre russo-ukrainienne. Le registre demeure le plus dur de la collecte et provient d’abord des porte-parole officiels. Le 4 septembre, Dmitri Peskov déclare que Moscou « a entendu parler » de projets britanniques et français visant à implanter en Ukraine une production de missiles à longue portée. Il précise que cette information est « en cours de vérification » et que « tout objet de ce type deviendra une cible légitime pour la Russie ». Ces propos sont repris par quatre chaînes, qui cumulent 167 mille vues, dont celle du blogueur militaire propagandiste Colonelcassad, qui en totalise à elle seule 92 mille vues.
Le lendemain, Maria Zakharova s’en prend nommément à Jean-Noël Barrot, qui avait déclaré que la Russie était « faible » et que Vladimir Poutine « ne contrôle que la moitié du territoire qu’il occupait il y a cinq ans ». La réponse, publiée sur la chaîne personnelle de la porte-parole puis republiée telle quelle par la chaîne de Soloviev, tient en quelques lignes : « Que là-bas ils consomment tous quelque chose est un secret de Polichinelle », suivi d’une invitation à interroger Pierre de Gaulle, le petit-fils du légendaire général récemment installé en Russie, et d’une conclusion sans détour : « Quel menteur, ce Barrot ». Les deux publications cumulent 141 mille vues. Trois jours plus tôt, le chargé d’affaires russe à Paris, convoqué au Quai d’Orsay après l’incident de drone de l’aéroport de Leipzig, avait déjà accusé le ministère français des Affaires étrangères d’avoir « pris l’habitude de diffuser des faux ». Cette affaire de Leipzig, dans laquelle Emmanuel Macron s’est prononcé pour de nouvelles sanctions européennes, occupe huit messages sur cinq chaînes observées, cumulant 199 mille vues.
Mais le sujet français le plus vu de la période se situe ailleurs. La présence, le 6 septembre à Kiev, des conseillers à la sécurité nationale de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner, fait l’objet de 15 messages sur neuf chaînes, pour un total de 1,08 million de vues cumulées. Les agences s’en tiennent à la dépêche de Reuters, alors que le registre change chez les influenceurs russes. Alexandre Kots titre « Les fauteurs de guerre sont venus à Kiev parler de paix » et développe l’idée d’un Zelensky dépourvu d’autonomie. Il poursuit en affirmant qu’« il leur faut que ça brûle. De préférence le plus longtemps possible et le plus loin possible de leurs frontières ». Vu 33 mille fois, le message est partagé 201 fois, ce qui en fait le contenu le plus partagé de la chaîne sur la période. Une chaîne anonyme consacrée aux « bilans du front » développe une lecture similaire. L’agence russe TASS relaie quant à elle, sans mise à distance, les propos de l’ancien Premier ministre ukrainien Mykola Azarov, selon lequel les trois pays ont « saboté les initiatives de paix américaines ». De son côté, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov renvoie les déclarations de l’Élysée sur une reprise des négociations après les élections à la Douma « à la conscience de l’Élysée ».
Ce cadrage est désormais bien établi. La France n’est pas présentée comme un médiateur potentiel, mais comme un belligérant qui fait obstacle à la paix. Il se prolonge dans des messages plus courts de la propagandiste russe Olga Skabeïeva, qui présente l’entretien entre Alexander Stubb et Emmanuel Macron comme une discussion portant sur « le financement de la guerre en Ukraine », ainsi que dans l’annonce, par Vzglyad, de la condamnation par contumace à quatorze ans de prison d’un ressortissant français de 35 ans pour « mercenariat » en Ukraine.
Le Niger accuse la France
Tonalité : négative
Un second registre accusatoire, absent du premier bulletin, apparaît le 5 septembre dernier. Le gouvernement du Niger attribue à la France la tentative de putsch des 28 et 29 août à Niamey, réprimée avec l’aide de l’Africa Corps russe, et adresse ses remerciements à Moscou. Sept messages publiés sur cinq chaînes relaient cette accusation, pour un total de 218 mille vues cumulées.
Le quotidien russe Kommersant et le journal en ligne Vzglyad rapportent l’accusation au conditionnel, alors que le propagandiste russe Colonelcassad, qui lui consacre deux messages vus respectivement 74 mille et 78 mille fois, y ajoute son propre commentaire, évoquant les « colonisateurs français malchanceux [qui] tentent de récupérer leur influence perdue au Sahel en soutenant divers terroristes » et dénonçant le « régime français de Macron ». Une chaîne anonyme résume l’affaire en une ligne, parlant d’une « tentative de mutinerie provoquée par la France ».
Ce discours postcolonial, fondé sur l’idée de l’ingérence d’une ancienne puissance coloniale dans les affaires intérieures de son ancienne colonie, est classique dans le discours russe consacré à l’Afrique. Mais ce qui mérite d’être relevé ici est qu’il atteint des audiences comparables à celles des accusations liées à l’Ukraine et fournit ainsi une seconde justification, indépendante de la guerre russo-ukrainienne, pour présenter la France comme un État à la fois hostile et belliqueux.
Macron à 16 % de soutien
Tonalité : négative
Le récit du président en fin de règne se poursuit et trouve, le 13 septembre, un chiffre à sa mesure. Le sondage Ipsos-BVA pour La Tribune Dimanche donne 16 % d’opinions favorables à Emmanuel Macron, son plus bas niveau depuis 2017, et 81 % d’opinions défavorables. Cinq messages sur trois chaînes le reprennent, cumulant 428 mille vues. La chaîne anonyme la plus suivie de notre collecte le relaie en une phrase, vue 266 mille fois. La chaîne de Soloviev y ajoute un titre, « Macron a enfin réussi à rassembler 81 % des Français — contre lui-même, par contre », puis la liste des préoccupations des sondés, sur laquelle nous revenons plus bas.
Le reste du traitement de Macron est moins homogène. Sa demande à Ursula von der Leyen d’interdire les réseaux sociaux aux moins de quinze ans est reprise de façon strictement factuelle par Kommersant et par la chaîne anonyme la plus suivie, où elle totalise 364 mille vues, ce qui en fait le message le plus vu de toute la collecte. Le sommet spatial de Paris des 9 et 10 septembre, boudé par les entreprises américaines à la demande de la Maison-Blanche, donne lieu à six messages où Vzglyad prédit, d’après Politico, le « pire sommet » pour le président français. Alexeï Pouchkov, dans un long texte sur la défaite de la CDU en Saxe-Anhalt (Allemagne), évoque quant à lui en passant « les délires de Macron qui a vu les Russes aux portes de Paris ». Enfin, chez le propagandiste Alexandre Kots, Macron est cité avec Keir Starmer et Friedrich Merz comme l’un des trois dirigeants dont « l’intérêt est inverse » à celui de Donald Trump, c’est-à-dire à la paix.
Avec 22 messages, Macron reste la personnalité française la plus mentionnée. Le contraste entre ces messages est instructif : le plus vu d’entre eux, sur les réseaux sociaux et les mineurs, est neutre et le traite en chef d’État qui prend une décision ; l’hostilité se concentre chez les chaînes d’opinion et les blogueurs, et elle repose toujours sur le même argument, celui du décalage entre le président et son opinion publique. Par conséquent, ce n’est pas le président Macron lui-même qui est attaqué, c’est sa légitimité à parler au nom des Français.
L’Ukraine comme filtre : ce que les chaînes russes retiennent des candidats
Tonalité : mixte
Fin août, les rares messages sur la campagne relayaient des sondages. Début septembre, des candidats et des ministres sont cités, et presque toujours parce qu’ils ont parlé de l’Ukraine. Cela ne signifie pas que la présidentielle est lue à travers l’Ukraine. En revanche, cela signifie que les candidats n’existent pour les chaînes russes que lorsqu’ils en parlent. C’est un filtre de sélection, pas une grille d’interprétation.
Et le filtre se voit dans ce qui manque. Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Éric Zemmour et Sarah Knafo n’apparaissent dans aucun des 156 messages. Raphaël Glucksmann, neuf messages en six jours fin août lorsqu’il qualifiait Marine Le Pen de « domesticité de Trump et de Poutine », n’en a plus aucun.
Le filtre est aussi le fait d’une chaîne. La propagandiste Olga Skabeïeva publie sept messages sur la France en treize jours, dont quatre sur les positions à l’égard de l’Ukraine, et son format, la traduction commentée de ce qu’« ils » disent de la Russie, produit mécaniquement cette image. Le 7 septembre, elle traduit François-Xavier Bellamy qui « convainc ses concitoyens qu’il est avantageux de donner de l’argent à Zelensky », puis titre sur Jordan Bardella qui « veut sa part du gâteau ukrainien », formule qui n’a rien de flatteur. Le 8 septembre, elle isole un lapsus de Catherine Vautrin, qui a dit « Ukraine » pour « Russie ». Le 11 septembre, elle traduit l’engagement de Gabriel Attal de confisquer les avoirs russes gelés sous un titre qui associe son orientation sexuelle à l’accusation de vol : « Le gay Attal promet aux Français de voler les avoirs russes s’il est élu président ». Le registre est celui relevé fin août sur une chaîne anonyme cumulant 323 vues ; il est cette fois porté par une propagandiste et présentatrice de la télévision d’État russe, cumulant 13 mille vues.
Les autres mentions sont des relais, tels que Louis Aliot et son « nous fermerons le robinet » sur une chaîne anonyme à faible audience ou encore le Wall Street Journal, qui qualifie Marine Le Pen de « candidate favorite » et rappelle le vote de son parti contre le prêt européen à l’Ukraine, auxquels s’ajoute le Financial Times, chez Kommersant et Vzglyad, selon lequel Bruxelles veut boucler son budget pluriannuel avant une victoire de Marine Le Pen qui « pourrait faire dérailler une partie importante de l’agenda ».

Le message le plus vu consacré à un candidat est un extrait vidéo de Jean-Luc Mélenchon, publié le 7 septembre par la chaîne du propagandiste Soloviev, dans lequel il affirme que « les décisions de soutien à l’Ukraine frappent le peuple français » et que ceux qui les ont prises « n’ont rien préparé, rien organisé ». Il totalise 81 mille vues, contre 86 mille pour les dix messages mentionnant Marine Le Pen réunis. Rien ne permet d’y voir une préférence pour qui que ce soit, mais l’effet du filtre est de favoriser celui qui tient le propos jugé utile par le Kremlin, quel que soit son camp.
Lorsque les chaînes russes interprètent le scrutin, elles ne le font d’ailleurs pas à travers l’Ukraine, mais en opposition à celle-ci. La chaîne de Soloviev accompagne le sondage Ipsos-BVA d’un rappel des principales préoccupations des sondés et en tire la conclusion à juste titre : « L’Ukraine ne figure pas parmi les principales préoccupations des Français ». C’est également la lecture proposée par Pouchkov fin août, pour qui le décalage entre « l’élite libérale française et les électeurs » expliquait l’impopularité de Macron. Une chaîne anonyme estime que Marine Le Pen « cherchera à se concentrer sur les problèmes intérieurs plutôt qu’à jouer à la géopolitique ». Vzglyad explique quant à lui l’hostilité des Français à l’Union européenne par les questions migratoires et économiques, sans faire référence à la guerre russo-ukrainienne. Une autre chaîne anonyme voit enfin dans 2027 un nouvel épisode du « défilé de l’extrême droite » européen.
Le récit qui se dégage n’est pas nouveau. Des électeurs préoccupés par leur pouvoir d’achat et l’immigration seraient appelés à sanctionner des élites obnubilées par l’Ukraine. Les extraits sélectionnés, avec Bellamy, Vautrin et Attal défendant l’aide à l’Ukraine, et Aliot, Bardella et Mélenchon la contestant, mettent en scène ce clivage. C’est ce récit, davantage qu’une supposée lecture ukrainienne de la campagne, que les prochains bulletins devront suivre.
Avec une victoire de Le Pen, « rien ne changerait pour la Russie »
Tonalité : mixte
Le premier bulletin notait que l’avance de Marine Le Pen était relayée sans commentaire. Ce n’est plus tout à fait le cas, et les commentaires qui apparaissent vont dans des directions opposées.
Le 2 septembre dernier, une chaîne anonyme pose la question « Le Pen peut-elle gagner ? » et répond par la négative. La France serait « un pays aux traditions libérales et socialistes stables », les électeurs issus de l’immigration voteraient contre Le Pen, sur qui « pèse l’ombre de son père » et de la guerre d’Algérie, tandis que Jean-Luc Mélenchon aurait bien plus de chances, selon l’auteur de la chaîne. Surtout, une victoire de Marine Le Pen changerait-elle quelque chose pour la Russie ? « Nous pensons que non ». La candidate « a soutenu l’Ukraine dès le début du conflit et condamné publiquement l’agression russe » et, « malgré toutes les tentatives laborieuses de notre propagande d’expliquer le succès des droites par le conflit ukrainien, il n’a rien à voir avec cela, mais avec les problèmes intérieurs du pays ». Le message n’est vu que 7 mille fois, mais c’est l’analyse la plus développée de la candidate dans notre collecte. Surtout, elle se montre particulièrement sceptique quant à l’intérêt d’une éventuelle victoire de Marine Le Pen pour la Russie.
Six jours plus tard, la même chaîne relaie un raisonnement inverse. Le succès de l’AfD en Saxe-Anhalt et « le succès qui s’annonce en France, où Le Pen mène dans les sondages » prouveraient que « la Russie exporte aujourd’hui avec un certain succès un ensemble d’idées ». Alexeï Pouchkov range de même la France, « où grandit la popularité du Rassemblement national », parmi les pays où l’on se réjouit de la victoire de l’AfD. Vzglyad décrit quant à lui une France « plus hostile que jamais à l’UE », avec Marine Le Pen à 29-31 % et Jean-Luc Mélenchon à 17-18 % parmi les finalistes possibles.
Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est l’absence de tout message de soutien. Sondages sur le hijab ou référendum voulu par le Rassemblement national, tout est relayé sans appréciation particulière. Lorsque des propagandistes commentent le parti, c’est pour ironiser sur Bardella. L’hypothèse formulée en août, celle d’une prudence délibérée à l’égard d’une candidate qu’un soutien trop visible pourrait desservir, reste donc compatible avec ce que l’on observe. Cette première moitié de septembre apporte toutefois un élément supplémentaire. Au moins une chaîne d’opinion russe considère ouvertement qu’une présidence Le Pen ne servirait pas les intérêts de Moscou.
Acteurs et cibles
| Entité | Messages | Tonalité des mentions |
|---|---|---|
| Emmanuel Macron | 22 | négative |
| Marine Le Pen | 10 | mixte* |
| Jordan Bardella | 6 | mixte |
| Jean-Noël Barrot | 4 | négative |
| Jean-Luc Mélenchon | 3 | neutre** |
| Gabriel Attal | 1 | négative |
* Les mentions de Marine Le Pen se répartissent entre des relais factuels de sondages (Kommersant, Vzglyad, une chaîne anonyme citant le Wall Street Journal), une analyse hostile à ses chances et sceptique sur son utilité pour la Russie, et deux textes qui l’inscrivent dans une vague conservatrice européenne jugée favorable. Aucun message n’exprime de soutien.
** Jean-Luc Mélenchon n’est jamais critiqué. Sa seule citation directe, sur le coût de l’aide à l’Ukraine, est relayée par la chaîne de Soloviev à 81 mille vues, sans commentaire mais dans un contexte qui en fait un argument.
Un thème transversal commence par ailleurs à se dessiner, sans constituer encore un narratif à part entière, et c’est l’immigration. Elle apparaît dans cinq messages de registres très différents. TASS reprend Politico pour qui « Bruxelles et les migrants sont les deux principaux épouvantails » d’une France « plus hostile que jamais » à l’UE, et Vzglyad range « la migration incontrôlée » parmi les causes de cette hostilité. Le propagandiste Alexandre Kots traduit le mémorandum signé par Jordan Bardella et Nigel Farage pour « arrêter les bateaux ». Une chaîne anonyme relaie le sondage CSA sur l’interdiction du hijab et le projet de référendum du Rassemblement national. La même chaîne publie, le 12 septembre, une compilation de six faits divers survenus « en moins de 48 heures », tous attribués à des étrangers ou à des personnes sous OQTF, vue 257 fois. Aucun de ces messages n’a d’audience notable, et ils ne sont pas repris. Mais l’immigration est, avec l’aide à l’Ukraine, le seul sujet de campagne que les chaînes observées ont commencé à traiter, et c’est celui où le registre le plus brut, celui de la liste de faits divers, est déjà présent.
Collecte et analyse : Denys Kolesnyk pour Info Ops France. 156 messages publiés entre le 1er et le 13 septembre 2026 par les 17 chaînes Telegram russes observées, à savoir des agences et médias d’État, la presse russe, des chaînes d’opinion, des blogueurs et des influenceurs anonymes. Le mot-clé « Национальное объединение » (Rassemblement national), qui renvoyait souvent à l’actualité intérieure russe lors de la première collecte, a été retiré. L’outil propriétaire utilisé est DFN.
